Billet D'humeur

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13 articles publiés Dernière mise à jour : 20 janvier 2025 14 catégories
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Sortons du vieux monde

Le 12 février 2024, le conseil municipal de la ville de Poitiers prenait acte du rapport égalité femme-homme 2023, l’occasion pour la conseillère déléguée à l’action social et à l’égalité des droits, Alexandra Duval, d’une prise de parole forte et engagée !

https://youtu.be/40hoOTnluGY?si=O41tf2AuQh73jAOk

“Alors mes cher.e.s collègues, je conclurais en nous invitant à nous féliciter d’avoir résolument engagé notre ville dans la sortie du “vieux monde” : celui où on glorifie les agresseurs sexuels sous prétexte de génie artistique ou de rayonnement de la France, celui où l’on doute, par principe, de la parole de la victime, sous prétexte de préserver d’une supposée chasse à l’homme, celui où l’on peut rester Ministre même en assumant avoir échangé une complaisance contre des faveurs sexuelles.

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Des économies sur le dos des collectivités et sur la lutte climatique

La COP départementale de la Vienne, qui s’est ouverte il y a quelques jours, est claire : nous devons engager en 7 ans plus d’efforts que sur l’ensemble des trente dernières années pour être à la hauteur des enjeux du changement climatique. La déclaration dimanche du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, nous pousse à nous demander si le gouvernement est bien conscient de cette réalité. Il annonce en effet 10 milliards d’euros d’économies, pour partie faites sur la transition écologique. Une intervention qui intervient après d’autres renoncements environnementaux, annoncés il y a peu dans l’espoir de mettre fin à la crise du monde agricole.

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Pour une consommation différente, responsable, et éclairée !

Les réactions virulentes suite à la campagne de sensibilisation de l’ADEME (Agence de la Transition Écologique) qui porte des messages de sobriété en dit long sur le chemin à parcourir encore pour limiter l’impact de notre vie quotidienne sur notre environnement. Cette campagne, sur un ton léger et humoristique, avait seulement pour but, en amont du Black Friday (événement commercial phare de la consommation), d’inciter tout un chacun à se questionner en amont sur la réelle utilité de l’achat d’un appareil de bricolage, d’un smartphone, d’une machine à laver ou d’un nouveau polo.

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Intervention de Robert Rochaud en conseil communautaire

Madame la Présidente, chers collègues

Lors du vote du budget Principal 2022 de la Communauté Urbaine de Grand Poitiers, j’étais intervenu pour vous faire part de mon inquiétude pour nos budgets futurs et des raisons de cette inquiétude.

J’avais notamment cité les annonces du président, candidat à sa réélection, de sa volonté de :

  • supprimer la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE)
  • réduire la dette publique des collectivités de**** 10 milliards d’Euros sur le prochain quinquennat
  • et remettre en place la contractualisation sur l’évolution des dépenses réelles des collectivités

Qu’en est-il 5 mois plus tard ?

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Vers une agriculture 4.0 ?

ImageEmmanuel Macron au Salon de l’agrilculture, le 26 février 2022. © RTL.fr

« Notre troisième révolution agricole, celle qui passe par numérique, robotique, génétique »

Emmanuel Macron au Salon de l’Agriculture, 26 février 2022.


À l’heure de l’instabilité alimentaire annoncée par la guerre en Ukraine, ou des effets du dérèglement climatique, la France se trouve à un tournant majeur : elle doit définir quelle sera son agriculture de demain. Pour Emmanuel Macron, c’est chose faite, et son gouvernement dessine peu à peu les traits d’un plan d’agriculture 4.0. Ainsi, le président de la République a présenté aux français son projet chiffré à 2.8 milliards d’euros dans le cadre de France 2030 et du Plan d’Investissement d’Avenir. Cette « révolution » agraire est axée autour des transformations numérique, robotique et génétique. Selon les informations disponibles à ce jour, il s’agit pour le gouvernement de financer :

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[Billet d'humeur] Ces luttes qui nous touchent

Image Samira Barro Konaté : Je suis une femme, noire, issue d’un milieu populaire. Certains diraient qu’il s’agit d’un cumul d’handicap au sein de la société actuelle car la Femme Noire a été et, est encore trop souvent reléguée au second plan. En raison des stéréotypes qui ont « la peau dure », on nous prépare dès notre plus jeune âge, à travailler deux fois plus, pour obtenir moins qu’un homme, et moins qu’une personne blanche. On évolue dans un climat qui nous est doublement défavorable, en raison de notre sexe, et de notre couleur de peau. D’ailleurs les luttes afro-féministes ont souvent été noyées dans les luttes antiracistes, alors qu’elles méritent une place au sein du mouvement féministe. A noter que ces luttes Afro-féministes se sont distinguées pendant longtemps des luttes féministes menées par des Femmes blanches du fait que les problématiques diffèrent à certaines échelles. En effet, la Femme Blanche souvent perçue comme privilégiée, apparaît comme incapable de répondre aux doubles-combats menés par les Afro-féministes, provoquant à la fois un isolement et un entre-soi au sein du mouvement féministe. Ce qui fait écho avec les luttes antiracistes actuelles. Les évènements récents ont mis en lumière un problème fondamental : le racisme systémique. Certains pensent et disent qu’il ne s’agit que d’une légende, et pourtant face à l’abondance de témoignages, on ne peut plus nier. En tant que personne Noire, longtemps nous nous sommes sentis seuls dans notre combat, en ayant cette impression, d’un éternel recommencement. Les mêmes actes de violence, les mêmes réflexions, le même manque de considération, les mêmes préjugés, qui se répètent inlassablement et qui ont un caractère tristement banal. Et pourtant, les temps actuels respirent l’espoir. Cet espoir passe par la mutualisation des forces communes, que cela soit dans le mouvement féministe ou dans les luttes contre le racisme. Voir dans les rassemblements du monde entier, des Femmes, des Hommes, des Noir/es, des Blanc/hes, m’ont fait ressentir un sentiment de victoire, celle de l’unité et surtout, celle de la solidarité de toutes les communautés. Et il s’agit là, d’un pas de géant. Dorénavant nous ne sommes plus seul/es ! Le racisme et le sexisme n’ont plus leurs places dans nos sociétés. Les luttes n’ont pas de couleurs, les luttes n’ont pas de sexe ! Alexandra Duval : Je suis une femme, blanche et militante féministe intersectionelle. Depuis quelques mois, des luttes essentielles sont sur le devant de la scène. Des luttes écologistes, sociales, féministes et enfin les luttes anti racistes, mobilisées notamment aujourd’hui contre les violences policières. Aujourd’hui nous entendons enfin la voix de celles et ceux que nous n’entendons jamais, sauf quand il s’agit d’illustrer des faits divers. En tant que féministe convaincue par l’intersectionnalité, je me passionne pour ces luttes. Et en lisant énormément de choses sur les réseaux sociaux et les sites dédiés, je suis perplexe devant certaines réactions. Je lis beaucoup de réactions hostiles disant que tout ça est exagéré, que les blancs aussi subissent le racisme et qu’on ne peut pas s’excuser d’être blanc.he. Alors une chose est certaine, c’est que personne ne demande à personne de s’excuser de sa couleur de peau (d’ailleurs celles qui refusent publiquement de s’excuser d’être blanches sont celles qui demandaient aux musulman.es il y a peu de se désolidariser des terroristes. Bref). Ce qui nous est demandé, c’est de ne plus nier le caractère systémique des violences subies. C’est-à-dire qu’il s’agit de violences produites par la société et son organisation. Cela ne veut donc pas dire que TOI tu es raciste ou sexiste, ou que TON comportement est raciste ou sexiste, mais que la société dans sa façon d’être gérée et organisée empêche certaines personnes en raison de leur couleur de peau ou leur genre, de se sentir en sécurité et pleinement considérées dans leur environnement de vie. Et surtout que cette violence est intégrée, et donc minimisée, par toutes et tous. Je suis une femme. Je suis blanche. J’ai ce privilège. Et ce n’est pas se renier ou s’excuser que de reconnaitre avoir des privilèges. C’est d’ailleurs également ce que les féministes demandent aux hommes. De reconnaitre leurs privilèges et de ne pas décrédibiliser nos luttes en se plaignant de ce que le féminisme leur fait comme mal alors même « qu’ils font la vaisselle le week-end donc ne sont pas sexistes » (ce qui a amené la création du hashtag moqueur « not all men »). Pour le racisme et le sexisme c’est le même procédé. On ne demande à personne de se flageller mais bien de s’interroger, d’écouter les personnes concernées, d’accepter de ne pas tout savoir, de déconstruire ses certitudes et d’adapter son attitude. C’est ce qu’on appelle être un.e allié.e. Je me revendique pleinement militante féministe et alliée de la lutte antiraciste. C’est cela qu’on appelle l’intersectionnalité. Le fait que des personnes subissent simultanément plusieurs formes de domination et de discrimination : le sexisme, le racisme, le classisme (discrimination selon la classe sociale), les discriminations selon sa sexualité, … Parce qu’aujourd’hui la lutte ne doit plus s’envisager sans l’autre ! Elle est antiraciste, féministe, antiLGBTIphobe, sociale et écologiste ! Et cette défense des droits doit être au fondement même de notre projet politique !

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[Billet d'humeur] Les citoyens qui dérangent...

Elisabeth Naveau-Diop, candidate Poitiers Collectif, nous parle de son engagement au sein de Poitiers Collectif, un an jour pour jour après avoir poussé la porte. Image Retour en images. Engagée depuis toujours, voire révoltée, je m’égosillais à vouloir changer le monde à mon échelle. Mon aversion pour la politique telle que nous la connaissons ne faisait aucun doute. Pourtant, il y a un an, jour pour jour, je participais à ma première plénière de Poitiers Collectif. Son thème : « Poitiers, ville éducatrice ? » Cette première séquence fut le début d’une série qui se voulait, à mon grand plaisir, interminable. Je m’impliquai ainsi dans différents groupes de travail sur l’éducation, l’élaboration du programme et l’organisation d’évènements thématiques. Un de mes épisodes favoris - l’organisation des Rencontres des Initiatives Citoyennes - donnait un nouvel angle à mon engagement. Des citoyens comme vous et moi, désabusés par le système en place, mais plein de ressources, d’idées et plus compétents les uns que les autres étaient présents. De nombreuses mesures / initiatives / projets à l’échelle des institutions locales, départementales, régionales furent valorisés et me confirmèrent les champs du possible. Le 15 mars 2020, 1er tour des municipales : nous créions la surprise ! Nous obtenions près de 24% au 1er tour. Surprise ? Surprise pour ceux qui ne veulent ni voir, ni entrendre, les visages et les voix, de tous leurs concitoyens, qui depuis des années, voire des décennies, vont voter à reculons, par défaut ou ont même jeté leur carte d’électeur aux oubliettes. Le 17 mars 2020, une nouvelle réalité dépassa la fiction : le Covid 19 et son confinement s’imposaient comme intermède entre les 2 tours. Au début nous étions tous un peu sous le choc de l’annulation du 2ème tour tout en comprenant sa nécessité. Mais très vite se profilaient de nouveaux défis et une réaffirmation des piliers de notre programme : Justice sociale, Écologie et Démocratie. Chacun, selon ses disponibilités et appétences, s’impliquait ainsi dans la solidarité locale auprès des plus fragiles, dans l’organisation de « lendemains collectifs » - des visio thématiques avec des intervenants pertinents et des échanges pragmatiques pour répondre aux défis d’aujourd’hui, puis dans de nouveaux groupes de travail. De mon côté, je m’impliquai dans celui sur l’espace public. La réappropriation de l’espace public est à mon sens révélateur de la place des habitants dans leur ville et des liens créés entre nous. L’espace public est représentatif de la société que nous voulons : végétalisé, interculturel, intergénerationnel avec des lieux communs et des lieux dédiés, des lieux accessibles à tous, des lieux de rencontre et d’expression… L’organisation de l’espace public doit être vue avec des yeux d’enfants, de jeunes, d’adultes, de familles, de séniors, de tout sexe, de toute origine, de tout handicap afin que chacun y trouve sa place. Un doux équilibre entre les besoins et aspirations de chacun doit être trouvé. J’ai également consacré beaucoup de temps sur la démocratie qui constitue un enjeu majeur pour Poitiers Collectif. En groupe et en réseau avec des acteurs du territoire, nous avons travaillé sur un modèle organisationnel démocratique. Il a été conçu pour répondre aux exigences de la participation citoyenne, de la place de chacun - partisan comme apartisan, de l’implication de l’ensemble des concernés par un projet, et des garde-fous pour contrer les travers politiciens dignes de séries B, tout en s’assurant de ne pas créer une usine à gaz qui deviendrait contre-productive. Aujourd’hui, dans les loges de l’entre-deux tours, encombrées par les pratiques malveillantes de certains, les abus de pouvoir, les règles du jeu différentes selon les acteurs sortant ou entrant, j’ai ressenti le besoin de faire un arrêt sur image, furtif mais nécessaire. Mais très vite la volonté, la niaque, d’écrire un nouveau scénario avec des impacts bien réels sur nos quotidiens, notre société et nos espoirs ont repris le dessus. Son dénouement aura lieu le 28 juin. A nous d’en choisir l’issue !

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[Billet d'humeur] Partir en paix avec la Terre

****Agnès Dionée, candidate Poitiers Collectif, nous parle de son engagement militant et professionnel pour l’écologie, et le respect de la dignité humaine. Image

Mon parcours

J’ai toujours été engagée pour l’écologie. Quand j’étais jeune, au Sénégal, je plantais déjà des arbres avec mon école ! Et mes parents étaient agriculteurs : on mangeait, consommait, cultivait local, on faisait nous-mêmes jusqu’à l’huile, le beurre… Déjà les circuits courts ! C’est là que vient cette fibre écologique. Je suis arrivée en France à l’âge de 30 ans… et j’en ai aujourd’hui le double ! Dès mon arrivée en France, j’ai continué à m’engager dans des associations en faveur de la nature, du plantage de haies, de la défense des arbres… A Poitiers, par exemple, avec Jardinature ou avec l’Eveil. Je me suis aussi investie dans la solidarité internationale, en faisant des projets avec des écoles, et des établissements d’enseignement supérieur. Nous avons notamment pu installer des panneaux solaires dans mon village au Sénégal, ainsi qu’un potager/verger pour nourrir la cantine scolaire de 1300 élèves ! Il existe toujours aujourd’hui, j’en suis particulièrement fière. Je me suis enfin investie en faveur de la réduction des déchets et de l’économie circulaire, toujours dans une optique d’échanges internationaux, en accueillant par exemple à Poitiers le groupe Senghor, qui gère le centre de tri des déchets au Sénégal et fabrique des « éco-briques » à partir de déchets. En parallèle, je me suis formée comme aide-soignante, et j’ai travaillé auprès des personnes âgées. Enfin, j’ai travaillé dans le secteur des pompes funèbres conventionnelles.

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[Billet d'humeur] Liste citoyenne, mouvement collectif : un projet en cours

Image Liste citoyenne, mouvement collectif : le nom de quoi ? Le 7 février dernier, Le Monde publiait une enquête sur les “listes citoyennes” qui s’organisent et candidatent aux élections municipales à venir. Derrière ce label se rassemblent des mouvements et des projets politiques très divers qui vont du municipalisme au communalisme et passant par le citoyennisme[1]. Pour prolonger et illustrer ces réflexions, les citoyens impliqués dans le projet appelé Poitiers Collectif proposent de revenir sur l’expérience qu’ils vivent et qu’ils construisent. Leur histoire est traversée par des dynamiques profondes : inventer une identité, constituée d’un nom, d’images, d’une histoire mêlant passé et avenir, et travailler ensemble, sur le long temps, à la construction d’une démarche et d’un programme Trouver un nom : mouvement, partis, citoyens Le dimanche 6 mars, au marché des Couronneries, un quartier de Poitiers, les militants de Poitiers Collectif distribuent les tracts qui présentent la liste et les grands axes du programme. Sur le tract : une femme, en plan américain, regard fixe. En haut, un nom : Poitiers Collectif. Une passante, recevant un tract, s’arrête et commente : “C’est qui ? Ah mais c’est Léonore !”. La militante répond : “Non, c’est Poitiers Collectif”. Ce nom, “Poitiers Collectif”, a été choisi en juin 2018, dès les premières séances qui rassemblent les personnes intéressées par ce projet de mouvement citoyen. Il allait participer à la définition et à la construction de notre identité. Et à 20, à 30, parce qu’au départ nous étions, logiquement, assez peu, nous avons mis en oeuvre les pratiques de l’Éducation Populaire : des travaux de groupes, du papier, des ciseaux, des paperboards, autant de supports et de démarches qui allaient permettre de construire ensemble, de réunir nos idées, d’essayer de laisser de côté les débats anecdotiques, les questions qui nous divisent et de faire avec ce qui faisait commun. C’est le désir de renouvellement de la situation politique municipale locale qui nous unissait, situation installée depuis des années et incarnée depuis deux mandats par un seul nom, une seule figure. C’était de laisser la place, dans la construction du programme, de la liste comme dans l’exercice des six années du mandat à venir, aux citoyens et citoyennes de cette ville de Province. Pour autant, nous ne souhaitions pas faire table rase, loin de là, nous avions besoin de l’expérience de celles et ceux qui avaient déjà exercé des mandats locaux et qui, pour certains et certaines siègent en cette fin de mandature au conseil municipal de Poitiers ; nous avions besoin de leur expérience militante, politique, syndicale, associative, nous avions besoin de leur savoir-faire technique, des compétences professionnelles de celles et ceux qui travaillent dans les services publics comme dans le secteur privé ou associatif. Aujourd’hui, ce nom, “Poitiers Collectif”, recouvre six organisations politiques qui nous ont rejoints, et au final une belle cohabitation de personnes encartées et non encartées (40% et 60%) qui veulent faire collectif et agir pour leur ville. Incarner le collectif : logo, visages et figures Le premier signe visuel adopté par le collectif, quelques semaines après les premières réunions, fut un logo en forme de C ou d’hémicycle, coloré de vert, de rouge, de bleu émeraude, un symbole de couleurs croisées, d’espace de parole, ouvert, protégeant en même temps le collectif et le nom de notre ville. Nous n’avions alors pas de visage à montrer parce que nous étions un corps homogène, non hiérarchisé, dans lequel personne ne se prétendait plus expérimenté que l’autre ni plus légitime. Parce que nous ne nous posions pas la question des “têtes” de liste. Ce qui nous préoccupait c’était le programme. Nous avions un an et demi pour l’écrire ensemble. Il se décline aujourd’hui en dix propositions articulées autour de trois thématiques : l’écologie, la démocratie, la justice sociale[2]. L’agenda était fixé, la démarche était transparente : la question de l’incarnation, nécessaire et exigée par les dispositifs institutionnels, se poserait à l’automne 2020, date à laquelle il était prévu de faire émerger les 20 personnes qui constituent un socle premier de la liste. Ces 20 personnes, démocratiquement choisies parmi les personnes investies dans le collectif ont ensuite participé à une élection sans candidat dont est sortie un seul nom. C’est Léonore Moncond’huy qui fut nommée tête de liste. Les premières affiches pour lancer la campagne, nos premiers tracts, le clip de campagne, mettent en avant le collectif, un groupe de personnes. Pourtant, le poids de l’incarnation individuelle reste fort dans la perspective d’une élection municipale et l’image que certains croient lire de notre tête de liste marque le début de la campagne : “Elle est jeune et vous, vous êtes inexpérimentés”. Pour les habitants comme pour les médias, cette difficulté de passer de l’individu au groupe, nous la ressentons chaque jour en tractant, en faisant du porte à porte, en donnant des interviews. Il est difficile d’expliquer pourquoi ce n’est pas toujours la tête de liste ni même un porte-parole attitré qui s’expriment. Et oui, les citoyens ont besoin d‘identifier quelqu’un. Pour nous, cependant, c’est un principe fondamental dans notre projet de renouvellement politique et jusqu’à aujourd’hui jamais Léonore Moncond’huy n’est partie seule en tête, sans ce collectif qu’elle a contribué à construire, qu’elle a voulu, comme tous ceux et toutes celles qui le composent. Selon son parcours, chacun projette dans le collectif sa représentation de référence : le modèle associatif qui se construit autour de valeurs et d’actions, le collectif d’artistes qui partage outils et échanges avec un public, l’assemblée citoyenne, de l’Athènes antique jusqu’à Nuit Debout. Il s’agit bien ici d’apprendre et même de réapprendre à dire nous dans la communication politique. Pour certain cela veut dire accepter de ne pas dire je, pour beaucoup d’autres, c’est oser prendre la parole. Exprimer ses idées : un slogan, beaucoup de travail Bâtir un collectif, un programme, une trajectoire est un engagement important. L’absence de leader demande à chacun de s’investir et de prendre ses responsabilités. Il a fallu d’abord confronter les idées, des envies et des utopies mutuelles en terme d’écologie, de justice sociale mais aussi de gouvernance et à partir de cela élaborer du consensus. Pour résumer, les étapes ont été atteintes dans un ordre voulu et décidé par tous mais qui demeure presque miraculeux tant il demanda de réunir les énergies et de se tenir à ce qui était décidé : un programme, une liste, une tête. Avec la conscience de celle et ceux qui aujourd’hui se lancent en politique : c’est collectivement qu’il faut s’engager, penser, résister et inventer. A Poitiers Collectif, les réunions ne sont pas plus nombreuses que dans d’autres mouvements politiques ou associatifs, mais elles durent parfois plus longtemps car la parole de chacun y a sa place et doit être entendue. Le projet citoyen n’est pas un irénisme naïf, mais il demande du temps. Les médias se font l’écho de l’émergence de ces listes citoyennes. A l’échelle nationale, les articles tentent de trouver des points communs et une cohérence à des projets protéiformes. Le projet porté par les habitants de la commune de Saillans sert alors à la fois de modèle et de comparaison. A l’échelle locale, la PQR se fait l’écho de premiers sondages. Les chiffres laissent entrevoir des déplacements dans les comportements électoraux qui peuvent aboutir parfois à des surprises (à Lille, à Tours, à Poitiers où Poitiers collectif est en bonne deuxième place dans les sondages). Pour tous les habitants engagés dans ces mouvements, la perception est forcément différente. Le succès des listes citoyennes est la concrétisation du sentiment qui les a porté à s’engager il y a souvent plusieurs mois, voire plusieurs années, dans un projet de renouvellement. L’ampleur que prend ce mouvement n’est pas une surprise, mais elle devient maintenant une responsabilité. Concrétiser : le deuxième tour et après Le 1er tour des municipales s’est déroulé dans les conditions que l’on sait : la crise sanitaire a contribué à accentuer l’abstention déjà grandissante ces dernières années lors des élections, qu’elles soient locales ou nationales. Pourtant Poitiers Collectif a créé la surprise en arrivant en deuxième position derrière le maire sortant, avec près de 24 % des suffrages. Dès le lundi suivant le premier tour, nous avons décidé de suspendre la campagne : l’urgence était ailleurs. Les deux mois de confinement ont vu cependant les militants et militantes se mobiliser pour créer du lien, apporter de l’aide à celles et ceux qui en avaient besoin, soutenir les initiatives locales et travailler pour la suite : les réunions et événements en visioconférence nous ont permis de continuer à écouter, observer, échanger pour construire le monde de demain à l’échelle de Poitiers et Grand Poitiers À la fin du mois de mai, le NPA a apporté son soutien à une tribune appelant les citoyens et citoyennes de la ville à se rassembler autour des valeurs portées par cette liste composée à 60 % de personnes non-encartées. Le projet de Poitiers Collectif trouve de plus en plus d’écho auprès des préoccupations des habitantes et habitants montrant ainsi qu’il n’y aura sans doute pas de repli vers un passé qui se voudrait rassurant mais bien que les citoyens et citoyennes veulent changer de perspective politique : l’ancien fonctionnement, vertical, basé sur trop peu de concertation et d’écoute est obsolète. L’espoir d’un changement radical, profond se dessine peu à peu et devient plus tangible. L’été 2020 verra un autre avenir se dessiner pour Poitiers ! [1]https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/07/le-municipalisme-ou-la-commune-au-pouvoir_6028746_3232.html [2]https://poitierscollectif.fr/wp-content/uploads/2020/02/ProgrammeVF.pdf

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[Billet d'humeur] Art et culture, après la crise : intégrer l’exigence des droits culturels

De différentes tribunes sur les conséquences de la crise sanitaire sur le paysage artistique et culturel, deux positions émergent : la nécessité d’aider les acteurs à se relever de la crise, et le fait de saisir l’opportunité de repenser la vie artistique et culturelle. Pour un fonds de solidarité “culture” ! Beaucoup de structures culturelles et artistiques vont clôturer leurs comptes 2020 avec des déficits. D’une manière ou d’une autre, il est nécessaire et urgent qu’un fonds de solidarité « culture » soit constitué par l’Etat, un fonds que pourront abonder les collectivités territoriales. Sinon, des structures devront adopter des plans de réduction de leur activité pour se maintenir, avec toutes les conséquences artistiques, économiques et sociales que cela aura, et d’autres disparaîtront. La puissance publique se retrouve ainsi aujourd’hui face au dilemme décrit par les deux économistes américains Baumol et Bowen en 1966 : soit ce fonds est créé, soit des pans entiers de la vie artistique et culturelle peuvent disparaître. Si rien n’est fait, Jean-Michel Pomontel, professeur associé à l’université Paris-1 Panthéon- Sorbonne estime : « pour ce qui est des structures privées, notamment associatives, nous sommes possiblement face à un champ de ruines. » 1. Mais « la sauvegarde du secteur culturel est essentielle non seulement pour les travailleurs culturels, mais pour la société tout entière » 2 écrit Bernard Foccroulle, ancien directeur du Festival d’art lyrique d’Aix en Provence. Des constats que nous rejoignons ! Et, au-delà des mesures économiques, la crise doit servir de catalyseur à un changement d’orientation global des politiques culturelles. Pour un changement d’orientation des politiques culturelles Image Constatant qu’« un très grand nombre – voire la majorité – reste à l’écart de nos manifestations artistiques, qu’il s’agisse du cinéma, du théâtre, de la danse, de la musique, des arts visuels, etc. » et que « beaucoup de programmations culturelles ne sont pas suffisamment pensées en rapport avec la diversité culturelle et sociale de nos populations. »², Bernard Foccroulle soutient que : « l’exercice des droits culturels devrait permettre aux personnes d’exprimer leur identité, leur vision du monde, leur humanité (…). Il faudra « intégrer cette exigence des droits culturels à l’intérieur même des institutions et des politiques qu’elles conduisent, comme une référence essentielle de leurs missions »². Les politiques culturelles, poursuit-il, « devraient soutenir massivement la mobilisation des droits culturels sur tous les terrains, y compris dans les hôpitaux, les entreprises, les écoles et les universités, les lieux d’accueil des personnes âgées, les prisons, les quartiers. »². Simon Gauchet, jeune directeur du Théâtre-Paysage, de son côté, appelle, dans le même esprit à relocaliser les théâtres : « travaillons à l’invention de « théâtres situés », qui prennent soin de l’environnement qui les entoure, qui créent pour lui et par lui, qui accompagnent aussi encore plus les compagnies locales » en faisant cohabiter « exigence artistique et exigence démocratique »3. A l’instar de ce que soutiennent ces personnalités, avec Poitiers Collectif, nous nous engagerons à la fois pour la sanctuarisation des aides aux acteurs culturels, de toute taille; pour le soutien à leur activité en offrant aux poitevines et poitevins une vie culturelle de l’été; et nous engagerons une politique durablement fondée sur les Droits culturels.

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