📰
La crise aggrave les inégalités existantes
La crise sanitaire que nous traversons renforce encore davantage les inégalités dans notre pays. Plus d’un million de personnes ont basculé dans la pauvreté entre mars et décembre 2020, alors que dans le même laps de temps les milliardaires français ont recouvré leur niveau de richesse d’avant crise. C’est ce que nous apprend le dernier rapport en date de l’ONG Oxfam. L’aide alimentaire nourrit 2.5 millions de personnes supplémentaires, le RSA compte 150 000 nouveaux allocataires. Derrière ces chiffres impersonnels se cachent autant de trajectoires individuelles, de familles, d’hommes, de femmes et d’enfants confrontées à la misère, la précarité, le mal logement, etc. Cette terrible réalité sociale, nous la vivons chaque jour, sur le terrain, à Poitiers. Familles précarisées, enfants en perte de repères scolaires, étudiant.es en grande difficulté pour se nourrir ou se loger : les signaux d’alerte sont devenus réalité quotidienne. Les élu.e.s et services de la municipalité sont pleinement mobilisés au service de la population pour amortir autant que possible les conséquences dramatiques de la crise sanitaire et sociale qui s’éternise. Halte répit de jour et de nuit pour les personnes sans solution de logement, subventions exceptionnelles au Centre Communal d’Action Sociale, à la Banque Alimentaire, soutien aux associations caritatives : ces mesures sont indispensables pour répondre à l’urgence, mais insuffisantes pour agir de façon systémique à la source des problèmes. En période de crise, les catégories sociales déjà victimes d’inégalités structurelles ou de discrimination sont les plus exposées. Les femmes, par exemple, sont surreprésentées dans les secteurs en première ligne face à la COVID-19 : 95% des assistantes maternelles, 91% des aides soignantes, 87% des infirmières, 76% des caissières/vendeurs, 73% des agents d’entretien, 71% des enseignant.e.s sont des femmes. Elles sont également plus susceptibles d’occuper des emplois à temps partiel, notamment les mères célibataires. Aux côtés des jeunes, des travailleur.ses précaires, des réfugié.e.s et sans-papiers, elles sont les plus durement affectées par les conséquences de la crise actuelle.
Lire la suite
→